Quand votre contenu IA goûte le simili-poulet
Sur le coup, c’est bon, mais au final, on ne sait plus trop c’était quoi.
Avez-vous entendu parler de l’AI slop?
En français, on pourrait appeler ça la “bouillie IA”. C’est assez évocateur. Je suis certaine que plusieurs d’entre vous viennent de faire : ah oui, ça. Tellement.
C’est quand un paquet de mots forment des phrases et des paragraphes qui, sur le coup, ont l’air super bien écrits. Mais quand on s’arrête deux secondes, on réalise que c’est surtout du remplissage. Des mots qui veulent tout dire et rien dire en même temps. C’est propre, propre, propre. Le contenu pourrait s’appliquer à n’importe quelle marque. Les réseaux sociaux, YouTube, les sites web, les blogues, les infolettres en sont remplis.
Avec l’arrivée de l’IA, plusieurs entreprises se sont mises à produire plus de contenu. Et quand le voisin produit plus, toi aussi tu veux embarquer dans le bateau.
Si ton équipe n’a pas les outils, la formation ou la réflexion stratégique pour utiliser l’IA dans un vrai contenu de marque, tu te retrouves vite avec de la bouillie IA. Du contenu transférable, interchangeable. Remplir l’espace n’est pas la même chose que prendre sa place.
Après l’AI slop, connaissez-vous le scaled content abuse?
Le scaled content abuse, c’est produire beaucoup de pages dans le but principal d’influencer le classement plutôt que d’aider les gens. Google écarte le contenu fabriqué en série pour manipuler les résultats de recherche, sans information originale, sans expertise visible ni véritable utilité pour le lecteur.
Même logique du côté des moteurs génératifs, c’est-à-dire les outils comme ChatGPT, Perplexity, Gemini ou Copilot.
Ces outils cherchent des signaux pour décider à quoi faire confiance : l’autorité de la source, la clarté de l’information, la structure du contenu, les mentions ailleurs sur le web, les données vérifiables, la cohérence entre plusieurs sources. C’est avec ces signaux qu’ils formulent une réponse à votre question.
Oui, la bouillie peut encore se glisser dans les réponses. Mais plus le web se remplit de contenu synthétique, plus les marques qui apportent des preuves, des sources solides et une expérience réelle deviennent précieuses.
La bouillie IA peut devenir intéressante
Elle crée du contraste. Utilisez-la à votre avantage.
Par exemple, vous cherchez un chalet à louer. Vous trouvez 40 annonces qui promettent toutes “un havre de paix en nature”, “une ambiance chaleureuse” et “un séjour inoubliable”.
Puis vous tombez sur une annonce qui dit : la table de cuisine est assez grande pour huit, le coucher de soleil sur le quai est phénoménal, le sentier derrière la maison mène au lac en 3 minutes, et le Wi-Fi est assez fort si vous tenez vraiment à prendre un Zoom meeting mardi matin. Là, on s'imagine nos vacances.
Une voix réelle nomme des détails. Elle a une saveur, une personnalité. Elle évoque des images, des situations, des sentiments. Dites-vous que si vous pouvez flairer le contenu sans saveur, vos clients ont développé ce détecteur eux aussi. Ce que vous avez de plus précieux, c’est votre voix. Le risque, en confiant à l’aveugle votre contenu à l’IA, ce n’est pas d’écrire mal.
C’est d’écrire vide.